Paris 2024, plus que deux années !

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A deux années exactement de l’ouverture à Paris des jeux de la 33ème olympiade, le Président de l’ACNOA, M. Mustapha Berraf, a adressé un message aux responsables du Mouvement olympique et sportif africain et aux athlètes du Continent. Voici l’intégralité de cette communication spéciale.

   Mes chers frères et sœurs, ce 26 juillet 2022 marque les deux années avant le début effectif de la 33ème édition des Jeux olympiques d’été prévus à Paris, capitale de la France, la patrie de notre cher Baron Pierre De Coubertin, grand fondateur des Jeux olympiques de l’ère moderne. Tout un symbole surtout lorsque nous connaissons, par ailleurs, les liens historiques qui unissent ce pays à l’Afrique. La jeunesse mondiale et plus particulièrement les athlètes africains s’apprêtent dès à présent à vivre des moments passionnants et déterminants dans le cadre de cette manifestation multisports. L’état des préparatifs de Paris 2024, sous la houlette de notre ami Tony Estanguet, laisse entrevoir que les différentes parties prenantes à l’organisation sont déterminées à faire de ces jeux une fantastique réussite sportive. Le comité d’organisation s’est d’ailleurs adressé aux responsables des 54 CNO africains réunis en Assemblée générale le 21 mai 2022. Le but ayant été non seulement de faire un état des préparatifs à deux ans de ce grand rassemblement mais aussi d’indiquer les modalités pratiques de participation. Au cours de l’exposé, on a pu noter que l’événement se tiendra du 26 juillet au 11 août 2024. Paris 2024 va réunir 10 500 athlètes, 28 sports + 04 et 48 disciplines pour 329 épreuves.

   Nos athlètes sont déjà dans les starting‐blocks du début de ces jeux qui tiendront en haleine la capitale française et le public du monde entier pendant toute leur durée.  Paris 2024 qui est impatiente d’accueillir, après l’édition de 1900, la jeunesse sportive du monde comptera, parmi les compétiteurs, des milliers d’Africains. Ceux-ci seront athlètes, encadreurs techniques et administratifs, supporters…

      Ne l’oublions pas, les Jeux olympiques constituent un grand rassemblement et représentent bien plus qu’une conquête de médailles. Il s’agit aussi de magnifier les valeurs de l’olympisme matérialisées par l’éthique, le fair-play, le respect de l’adversaire, un mode de vie sain et la modestie.

    La participation de l’Afrique à ces Jeux sera donc multidimensionnelle. Au-delà des aires de jeux où je l’espère, nos athlètes feront mieux qu’à Tokyo, notre continent doit également présenter aux yeux du monde tout son dynamisme et la richesse de sa diversité culturelle. Faut-il le rappeler, à Paris, art et sport dialogueront et s’enrichiront ; respectant ainsi l’un des fondements même de l’Olympisme. Nous devons être visibles, nous devons faire de Paris 2024, un support de communication qui nous permet de mettre en avant notre spécificité dans ce village planétaire.

     A vous, dirigeants du Mouvement sportif et olympique africain, au retour de Tokyo 2020 en 2021, nous étions heureux avec nos médailles, soit 37 médailles dont 11 en or, nous nous satisfaisions alors de nos performances bien qu’elles aient été en deçà de nos attentes. A Paris, en 2024, l’Afrique doit faire mieux. Les fédérations sportives, les Comités nationaux olympiques et les gouvernements doivent s’inspirer des prouesses réalisées par les meilleurs. Chercher, analyser, voire disséquer les recettes qui se cachent derrière ces succès. Il est de notre devoir de bien encadrer notre jeunesse si nous voulons faire mieux qu’au Japon. Cet encadrement doit par ailleurs être guidé par des pratiques saines, qui honorent notre continent.

Nous devons nous préparer plus sérieusement pour ce rendez-vous majeur. Un événement aussi prestigieux et galactique comme les Jeux olympiques ne peut réussir sans une préparation multidimensionnelle et rigoureusement coordonnée. On doit commencer immédiatement à penser aux JO de 2024 là où ce n’est pas encore fait ; cessons cette méthode qui consiste dans certains pays à débuter les préparatifs au cours de l’année des Jeux ; car cet état de choses ne peut conduire à des résultats probants. C’est tout un cycle olympique de 4 ans où tout doit être préparé minutieusement et en avance. Tout doit être planifié : athlètes ciblés, leurs possibilités, qui va les encadrer, quels sont les moyens nécessaires à leurs performances, comment faire le suivi et orienter ces sportifs vers le bon chemin, comment financer ces campagnes de préparation…Autant de points qui doivent nous interpeller dès maintenant car  la hiérarchie des nations rappelle tous les quatre ans que le classement des médailles ne relève pas du hasard. Gouvernements, CNO, fédérations sportives nationales, chacun est interpellé et doit contribuer à cette préparation de Paris 2024. L’ACNOA pour sa part a déjà créé une commission chargée du soutien administratif et financier des athlètes africains à cette échéance. Cet accompagnement se fera aussi bien lors des phases de qualification, lors des préparations et au cours des Jeux. L’accent devant, bien sûr, être d’abord mis sur la qualification des athlètes. Il est entendu que les périodes de qualification chevaucheront avec celles de préparation. Les gouvernements, les municipalités etc. Tous les acteurs doivent également suivre cette voie de soutien à la préparation des jeux. C’est un impératif pour la réussite.

   L’Afrique doit être présente à Paris, d’une manière remarquable. Pour cela, il faut dès à présent accélérer la préparation pour une participation honorable du continent à ce rendez-vous. Celle-ci implique la prise en compte des données administratives, médicales, nutritives, psychologiques et athlétiques. Nous devons tous, dès à présent avoir à cœur qu’une bonne participation de nos sportifs passe par l’opérationnalisation d’une stratégie bien appropriée de préparation. Les gouvernements, les CNOs, les fédérations sportives nationales…bref, tous les acteurs du sport doivent, en synergie se mobiliser au cours de cette année pour encadrer les athlètes et les équipes engagés dans les tournois de qualification et dans divers programmes de préparation.

     A vous, chers athlètes, je vois briller en vous cette flamme, ce rêve de tout sportif. Celui de participer un jour aux Jeux olympiques et d’y briller. Vous en aurez donc l’opportunité dans deux ans exactement. Ayez toujours à l’esprit que notre travail en tant que dirigeants sportifs est de créer des conditions pour que vous alliez au bout de votre rêve et pour que vous puissiez exprimer le maximum de votre potentiel le jour venu. Dans quelques mois, à la faveur de cette grand-messe du sport mondial, l’Afrique toute entière jettera un regard vers vous, pour vous soutenir et ce sera pour le succès ; celui de vivre une expérience unique, de participer à une manifestation qui réunit les peuples du monde entier en paix et en amitié, où les valeurs olympiques s’offrent encore et toujours aux hommes et aux femmes de bonne volonté. Vous avez le devoir de respecter les grands principes de l’Olympisme durant cet événement et même pendant votre carrière. Ce n’est qu’à ce prix que vous serez appelés « grands sportifs » ; car le talent seul ne suffit pas, le comportement dans les stades et hors de ceux-ci est également un élément à prendre en compte dans la construction d’un grand champion. Mais comme le savez, la route de Paris est encore longue ; elle passe par la phase des qualifications. Une toute autre paire de manche qui vous conduira à un dépassement de vos performances dans la dignité.

A deux ans de Paris 2024, je lance une fois de plus ici un vibrant appel à tous les présidents des Comités nationaux olympiques du continent pour une utilisation optimale des fonds mis à leur disposition par la Solidarité Olympique. Je les invite par conséquent à proposer davantage des projets variés devant avoir un impact réel, durable et positif sur la jeunesse africaine. Ne l’oublions pas, chaque parcelle de soutien est essentielle pour fournir aux sportifs les ressources dont ils ont besoin pour leur épanouissement et surtout pour leur préparation aux grandes rencontres internationales à l’instar de Paris 2024 qui est devant nous.

Paris 2024 sera le succès de notre continent si nous en faisons un défi collectif.

 Ensemble nous sommes plus forts.

                                     Mustapha Berraf, membre du CIO, Président de l’ACNOA

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